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PHILIPPEVILLE
- Algérie - Skikda-Rusicade

Jean Paul CASTANET pour me contacter :


SOCIETE DE CHASSE
" HALLALI "
à Philippeville
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'Comment se déroule  LA BATTUE '
...cliquez

   de Jean DANIERE :
(8/1/2012)
de Maurice Bottone (26/11/12) + Photo (5 avril 2015)
de Chitour Mehdi (3/1/2014)
Voir aussi:


Photos des"battues de sangliers Hallali" :page 1

Texte de jean Daniere: comment se déroule une battue de sangliers:page 2

"Fiche de sortie " des battues de sangliers  Hallali :de Bernard Seilier :page 3

Mail du 8/1/2012:de René CUOMO

Jean DANIERE, Philippevillois comme nous, m'a communiqué des infos et 2 photos que je transmets en fichier.
Jean, jeune sociétaire, est une figure vivante du vécu de la chasse à Philippeville.
Je pense qu'il vous fournira d'ici peu un récit.
Amitiés, René CUOMO.

Mail du 8/1/2012: de Jean DANIERE


Bonjour Jean Paul
 
Après avoir vu les photos concernant « l’Hallali », j’ai pu transmettre à René Cuomo quelques renseignements et échanger longuement avec lui par courriel et téléphone.
Trop jeune pour y participer, il m’avait demandé de lui préciser le détail d’une  battue aux sangliers, ce que j’ai fait avec plaisir.
 Nous avons pensé que ces détails pourraient intéresser ton site et ses lecteurs. A toi de juger ?
René m’a également apporté les réponses à quelques questions que je me posais, à savoir :
1-      Messieurs  Larroukis et Spennato se mettaient en rapport avec le responsable militaire du secteur de chasse envisagé.
2-      Les chiens de la meute appartenaient à des chasseurs. Son père en possédait trois.
3-      Il m’a rappelé que lors du partage de la viande, les militaires n’étaient pas oubliés

 

Société de chasse l’Hallali à Philippeville –
La battue de Jean Daniere

Mon père étant chasseur, tout naturellement je l’ai suivi dès ma prime jeunesse comme porteur de gibier et observateur, à trois pas derrière lui, écoutant ce qui se disait sur le travail des chiens, les munitions utilisées, la présence du gibier, les lieux où il pouvait se camoufler selon le terrain etc... Le lièvre, la perdrix et la caille furent le but de ces chasses mais pas le lapin car il n’y en avait pas dans le Constantinois, je n’ai jamais pu savoir pour quelle raison.
J’ai donc commencé officiellement à chasser à l’âge de 16 ans avec un permis qui m’avait été délivré en métropole.

 Compte tenu des évènements, la chasse était interdite en Algérie mais beaucoup de gens la pratiquaient sans être inquiétés.
 Les autorités fermaient-elles les yeux ?
Pour le sanglier, s’agissait-il d’un animal classé nuisible étant donné sa prolifération ?
J’étais trop jeune pour me poser la question et je n’ai jamais eu l’idée d’interroger mon père sur ce sujet.

Concernant la chasse au sein de L’HALLALI dont j’étais un des plus jeunes sociétaires j’évoquerai les détails d’une battue au sanglier comme me l’a demandé Cuomo René et comme je le lui ai promis.

Merci encore à lui, pour les photos publiées sur lesquelles j’ai pu revoir papa et moi alors « jeune nemrod »
.
Ce que je raconte concerne les années 1957 à juin 1962, période au cours de laquelle j’ai participé très régulièrement à ces battues, peut-être trop, aux dépens de mon travail scolaire.

Elles étaient organisées en fonction de divers paramètres compte tenu des évènements que nous vivions, à savoir, les opérations militaires en cours dans les secteurs ou nous comptions aller, les déplacements de « rebelles »connus ou imaginés, la disponibilité d’une protection militaire qui nous encadrait pratiquement à chaque sortie sur le lieu de chasse.

Je ne sais pas si les responsables de la Société devaient déposer des demandes auprès des autorités.

La veille de la sortie, souvent le samedi, plus rarement en semaine, vers 16/17 heures nous passions à l’armurerie Gauci rue Clémenceau, siège de L’Hallali où fréquemment le Président, M. Larroukis, nous indiquait le lieu de chasse et l’heure de départ, souvent très matinale à la belle saison.

Je n’ai pas souvenir qu’il y ait eu une période d’interruption de la chasse étant donné les dégâts que provoquaient ces bêtes dans les cultures pratiquées par les fellahs dans les zones autorisées.

Peut- être à la période des trop grosses chaleurs qui auraient pu incommoder les chiens, mais à partir de mai, juin, les battues s’arrêtaient plus tôt dans la matinée.

Le jour J, nous nous retrouvions au lieu de rassemblement habituel en haut des allées Barrot sur la gauche en descendant (je n’ai jamais prêté attention au numéro) pour partir en convoi.

 Auparavant nous nous étions fait inscrire et je pense que le tirage des numéros de postes se faisait à ce moment- là.

Les chasseurs et la meute composée d’une quinzaine de chiens aboyant étaient tous prêts à en découdre.

M. Spennato qui s’occupait de la « traque » et qui souvent avait « fait le pied », ou qui avait obtenu des renseignements sur la présence de gibier confirmait ou modifiait le lieu de chasse du jour.

Rendus sur place nous étions postés selon le numéro qui avait été tiré.

Celui qui nous plaçait (souvent Spennato) nous indiquait parfois « Tu as un bon poste- fait bien attention ».
 Il était interdit de quitter son poste avant la fin de la chasse.

Selon le nombre de chasseurs, le dimanche je n’en ai jamais dénombré moins d’une trentaine, et la situation de la battue, les premiers postes n’étaient pas trop éloignés des voitures mais les derniers pouvaient se trouver à trois ou quatre kilomètres....
Et c’était important quand un verrat d’une centaine de kilos, voir plus était abattu si loin des véhicules car il fallait le traîner sur de minuscules sentiers, au milieu des bruyères et de la végétation qui reprenait rapidement ses droits dans ces lieux théoriquement interdits aux civils.

Lorsque tous les chasseurs étaient postés, un coup de corne de chasse retentissait.

 La battue était lancée.

 Les traqueurs et rabatteurs pouvaient entrer en action.
Nous ne tardions pas à entendre leurs cris, les détonations des cartouches à blanc qu’ils tiraient et celles beaucoup plus fortes et sourdes d’un tromblon.
 Je n’ai jamais su à qui appartenait cette arme destinée à faire du bruit.
Elle était courte, avec un canon évasé et je la trouvais magnifique. De son côté, la meute ne restait pas inactive, donnant de la voix et selon le type et la fréquence des aboiements nous devinions si les chiens recherchaient le gibier, s’ils avaient débusqué une bête où s’ils s’étaient égarés.

Au bout d’un moment, parfois d’un long moment, nous entendions un tir plus sec, parfois doublé, plus éloigné des rabatteurs et nous savions qu’un animal était passé à la ligne de tir.

Sanglier? Chacal ?

 Les nouvelles passaient vite de poste en poste et nous étions rapidement fixés
 
Il fallait éviter que le gibier passe la ligne au risque, ce qui arrivait parfois, de voir la meute poursuivre l’animal raté ou blessé.
Dans ces cas, la corne, par plusieurs sons répétés rappelait les chiens, mais emportés par leur hargne tous ne revenaient pas et il fallait aller les rechercher une fois la battue terminée.

Parfois un animal blessé allait mourir plus loin.

Au bout d’un moment, sa présence nous était signalée par des « charognards » oiseaux de proies qui tournoyaient au dessus de la bête et s’il s’agissait d’un sanglier nous pouvions le récupérer.

La chasse terminée et signalée par les rabatteurs par trois longs coups espacés de corne de chasse, nous pouvions quitter nos postes pour récupérer les bêtes tuées et les ramener aux voitures.

 Certains chasseurs étaient munis de cordelettes de chanvre faisant nœud coulant et munies d’une poignée en bois de bruyère, très dur.
Il en fallait quatre que nous passions autour des pattes des victimes, et en se relayant entre chasseurs, nous trainions la bête sur le dos, cul en avant et tête derrière pour ne pas être gênés par ses bringuebalements.

Lorsqu’elle était moins lourde, il était plus facile de la déplacer sans la poser au sol, mais quand elle il était plus légère, il était déconseillé de la porter sur les épaules comme je l’ai vu faire quelquefois, car alors attention à la vermine notamment les tiques et à l’odeur qui restait imprégnée à la peau.
 Les pattes de devant et de derrière liées et une branche glissée entre elles, permettait de porter facilement l’animal à deux.

De retour aux véhicules, les bêtes étaient vidées de leurs entrailles que la meute de chiens se disputait, puis elles étaient chargées sur une camionnette et nous rejoignions Philippeville, toujours en convoi, sécurité oblige, jusqu’au point de départ.

La découpe et le partage se faisait toujours dans un local situé sur la gauche en entrant dans la cour.

Celui qui avait tué un sanglier avait droit, en plus de sa part de viande, à la tête, au foie, au cœur et peut-être, mais je n’en suis plus certain, aux pattes et au pancréas. Lorsqu’il s’agissait d’un mâle il y avait en plus les « rognons blancs » (traduisez : testicules).
Il n’était pas obligé de prendre ce surplus et pouvait en faire bénéficier d’autres chasseurs.
Souvent ces «rognons blancs » étaient offerts aux plus âgés du groupe car ils étaient sensés redonner vigueur sexuelle et alors, c’était l’occasion de plaisanteries que vous imaginez tous.

Quand la chasse avait été fructueuse, nous apprenions par la suite qu’une ou plusieurs bêtes avaient été cédées à des bouchers ce qui permettait à la Société de remplacer des chiens tués par les sangliers ou de régler des frais de vétérinaires pour ceux qui avaient été blessés.

 Par contre, je n’ai jamais su qui était propriétaire des chiens de meute qui étaient gardés par les uns et les autres. L’Hallali ?
Des particuliers ?

A partir de 17/18 heures nous pouvions aller récupérer notre «part» de viande car dans l’après-midi, les bêtes avaient été débitées par des volontaires et si mes souvenirs sont fidèles par une ou deux personnes qui travaillaient aux abattoirs mais dont j’ai oublié les noms.

Il y avait autant de lots que de chasseurs inscrits pour la sortie du jour et ils étaient alignés sur une ou plusieurs tables.

Le nom de chaque chasseur était inscrit sur un papier qui était mis dans un chapeau.
Le tout était bien mélangé.
 Une personne de l’assistance tirait un papier sans regarder le nom, et une autre le plaquait sur la viande pour ne pas qu’il se décolle facilement, lot après lot.

 Il m’est arrivé deux ou trois fois, étant arrivé plus tôt et étant un jeune d’avoir été désigné pour faire ce travail.

Ce système interdisait les contestations, car malgré tout le soin apporté par ceux qui avaient procédé à la découpe, les parts n’étaient pas toujours égales en poids, mais les écarts ne devaient pas être grands et en ce qui concerne la noblesse des morceaux, il fallait bien qu’ils soient répartis entre le maximum de participants.

Pour ma part, je n’ai jamais entendu de récriminations.

Epilogue :

Rentré en France en 1962, je n’ai plus jamais chassé le sanglier et j’ai totalement cessé la chasse fin 1963, préférant me livrer à l’observation de la faune et de la flore.


Jean DANIERE

   j.daniere@wanadoo.fr


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Propos sur les "battues de sanglier" de Maurice Bottone
6 Nov 2012
Mail de  maurice Bottone
stozouit@gmail.com


Propos sur les "battues de sanglier" de Maurice Bottone

Salut Jean-Paul

J'ai pris plaisir à regarder les photos de chasses des sociétés de chasse de Philippeville.
Je ne me rappelle plus comment elles s'appelaient mais ce dont je suis sûr c'est qu'elles venaient parfois chasser sur le territoire d'Aïn Zouit (à 18Km de Philippeville) lieu ou habitaient mes grands parents.
En dehors de l'été , ou il faisait trés chaud, nous y allons tous les15 jours, c'était un coin paradisiaque pour les enfants que nous étions.
Souvent le soir quand nous repartions on ramassait un ou plusieurs chiens de chasse qui attendaient sur le bord de la route, nous les amenions à la maison ou nous avions des cages spacieuses, nous leur
donnions à mager et à boire et le lendemain matin mon père les amenait à la société de chasse propriétaite (les chiens avaient un collier avec une étiquette métallique gravée au nom de la société de chasse).Ce dont je me souviens , il y avait le siège d'une société de chasse dans un café des arcades côté droit en direction du  faubourg
Je dois avoir quelque part une photo ou je suis assis sur un sanglier de 120Kg, il était mort bien entendu, si je la retrouve je te l'enverrai par mail.
Je crois d'ailleurs que c'était une des dernières fois ou nous allions à la campagne car trop dangereux, cela devait être vers 1955, j'avais alors 13ans.
Sur les légendes des photos on voit souvent Mr Larrouqui (et non Laroukis comme il est écrit).
Mr Larrouqui était un militaire à la retraite et travaillait chez Gauci (arcade de droite en descendant vers la mairie et si mes souvenirs sont bons cela devait être en face de Blanchard à quelque chose près) sa femme était une amie de ma mère et était couturière de profession et installée à son compte à coté de la rue Passerieu.
Je me rappelle encore de son atelier.
Toutes ces photos m'ont rappelé des souvenirs de jeunesse, bien que n'ayant connu aucun de ces chasseurs sauf Mr Larrouqui, mais une époque, des lieux, des gens, une ambiance, les chiens de chasse gentils comme tout.
Je me rappelle le regroupement des chasseurs en fin d'après midi sur le bord de la route menant à Philippeville essayant de rameuter tous les chiens en jouant de la trompette, mais certains chiens ignorant l'appel devaient courir encore derrière les sangliers et certains ont du se faire eventrer (demander cela aux chasseurs).
Puis c'était le départ de la troupe pratiquement en convoi (camionette et voitures particulières).Nous passions 2 ou 3 heures plus tard et on ramassait le ou les chiens  qui restaient.
Quels souvenirs!
Amitiés
Maurice B.

stozouit@gmail.com


Mail du 5 avril 2015-

Salut Jean Paul
Aujourd'hui je suis allé sur ton site et j'ai vu l'article que je t'avais envoyé.
J'avais complètement oublié de t'envoyer la photo du sanglier que je t'avais promise.
Je la joins dans ce mail.
A l'époque je devais avoir 12-13 ans, cela se situe à Aïn-Zouit et c'était à la fin d'une battue à laquelle mon oncle (habitant Aïn-Zouit) a pris part comme à la plupart de celles qui se déroulait à cet endroit car il connaissait comme sa poche tous les environs et surtout les endroits de chasse car c'était un bon chasseur.
Donc le sanglier sur lequel je suis assis pesait dans les 120Kg environ et c'est un ane qui a été utilisé pour le remonter de l'endroit ou il a été abattu jusqu'à la route.
Pour ma part c'est la dernière fois que j'assistais à la fin d'une battue car ce devait etre en 54-55.C'est ma mère qui a pris la photo avec un appareil des plus simple qui soit, aussi la définition s'en ressent.


Bottone Maurice


stozouit@gmail.com

Merci Maurice











Le 3/2/2014

Cher Jean-Paul,
Voici la correspondance qui m’est parvenue la semaine dernière,
 suite aux différentes informations concernant la chasse  qui ont été publiées sur ton site.
 J’y ai répondu et je viens d’obtenir l’accord de Medhi Chitour  pour que tu  puisses éventuellement  la  mettre en ligne.
 A toi de voir. Bien amicalement. Jean

Chasse à Skikda (Philippeville)  3/2/2014
de Mehdi Chitour


Bonjour Monsieur Jean Daniere
, je suis Mr Mehdi Chitour un jeune chasseur agé de 31 ans, j'habite Skikda, sociétaire de l'association de chasse Rusicada. Croyez moi que c'est avec beaucoup d'émotions que j'ai lu et decouvert votre récit (http://fse.castanet.free.fr/85-hallalilabattue.html), la première photo est magnifique je crois même avoir une idée sur le lieu; possible que c'était à Filfila, j'imagine que vous avez vécu de trés bons moments de chasse en Algérie,quelque soit les périodes.
De nos jours la chasse commence à reprendre son rythme d'antan, vous savez que notre pays a traversé une période trés difficile où il a fallu desarmer les chasseurs, mais enfin nous commençons à prendre du plaisir par notre passion qui est la chasse.
Ca me ferai plaisir de partager avec vous et vos amis quelque photos de chasse dans des lieux qui restent toujours sauvage, comme filfila, Guerbaz, el Alia, la grande plage, ...etc
Vous savez, chaque samedi nous organisons des battues, la veille on se donne RDV dans un café pour que tous les chasseurs soient informés du lieu.... des rires et des constats, voyez vous que rien n'a changé d'autant plus que nos vétéransont appris la chasse avec vous ils nous rapellent les bonne consignes que vous leur avez enseignées.
Malheureusement, nous rencontrons un grand problèmes de munitions et de logistique, un manque terrible de chiens, mais on fait avec, l'essentiel est du prendre du plaisir entre amis chasseurs.
Sans être long, je vous transmets mes chaleureux sentiments d'avoir pris du plaisir en vous écrivant, j'éspère que les photos vous plairont.
A bientôt

Voir les photos plus bas:




Photos de : Mehdi Chitour



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